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Qu'est-ce qu'un agent littéraire ?

Qu'est-ce qu'un agent littéraire ?

Dans les pays anglo-saxons, aucun manuscrit ou presque n’arrive chez un grand éditeur sans passer par un agent littéraire. En France, ce rôle reste encore mal connu, alors qu’il occupe une place de plus en plus importante dans le parcours des auteurs et autrices. Concrètement, qui est cette personne qui négocie en votre nom, défend votre texte auprès des maisons d’édition et vous accompagne bien au-delà de la signature de votre contrat ? Retour sur le rôle de l’agent littéraire, ses missions et son histoire.

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Le rôle de l’agent littéraire, intermédiaire entre l’auteur et l’éditeur

L’agent littéraire agit comme le facilitateur entre vous qui écrivez et la maison d’édition. Mais attention : son rôle ne se limite pas à transmettre votre texte ! L’agent littéraire en évalue d’abord le potentiel, identifie les maisons d’éditions les plus pertinentes et porte le manuscrit avec la légitimité que lui confère sa connaissance du secteur.

Trouver la maison d’édition la plus adaptée

Envoyer soi-même un manuscrit à des dizaines d’éditeurs revient souvent à jouer à la loterie. L’agent littéraire, lui, s’appuie sur des piliers solides :

  • une connaissance fine des lignes éditoriales de chaque maison ;

  • un réseau de contacts construit au fil des années auprès des équipes éditoriales ;

  • une capacité à cibler les interlocuteurs les plus susceptibles de défendre le texte en comité de lecture.

Ce travail de ciblage change souvent la nature de l’accueil réservé au manuscrit. Au lieu d’envoyer votre manuscrit au hasard, celui-ci est donc transmis au bon moment et à la bonne personne ! Un texte présenté par un agent est examiné différemment d’un envoi anonyme, simplement parce que l’éditeur sait qu’il a déjà été sélectionné en amont.

C'est ce parcours qu’a connu Delphine Giraud. Autoéditée chez Librinova, elle est repérée par l’agente littéraire Andrea Field quelques mois après la sortie de son roman, puis présentée aux éditions Fleuve, qui la publient. Un chemin que l’autrice n’aurait probablement pas emprunté seule, faute de connaître les bons interlocuteurs chez l’éditeur.

Négocier le contrat et défendre les intérêts de l’auteur

Une fois l’éditeur intéressé, le rôle de l’agent littéraire devient encore plus déterminant. Il négocie votre à-valoir (l’avance sur les droits d’auteur), le pourcentage de droits d’auteur, la durée du contrat et les clauses relatives aux droits dérivés (traduction, adaptation audiovisuelle).

Un auteur qui négocie seul se trouve souvent en position de faiblesse face à un service juridique rodé à l’exercice. Surtout, il n’ose généralement pas contester les clauses, s’estimant déjà heureux d’avoir été retenu ! L’agent rééquilibre ce rapport de force et s’assure que rien n’est signé sans avoir été compris et accepté en connaissance de cause.

Après la signature, le travail de l’agent littéraire ne s’arrête pas : il suit la vie du contrat une fois le livre publié, récupère et vérifie les relevés de droits d’auteur et veille au respect des engagements pris de part et d’autre.

Combien coûte un agent littéraire ?

L’agent littéraire ne facture jamais de frais de lecture ni de prestation payante en amont. Un agent sérieux se rémunère uniquement sur ce que vous touchez réellement, sous forme de commission :

  • entre 10 et 20 % sur les droits d’auteur et l’à-valoir perçus en France ;

  • jusqu’à 20 % sur les droits étrangers et les droits audiovisuels qui nécessite souvent l’intervention d’un co-agent à l’étranger.

Cette commission est prélevée après le versement des sommes par l’éditeur, jamais avant. Les intérêts de l’agent et ceux de l’auteur restent ainsi alignés : plus le livre rapporte, plus la commission de l’agent progresse aussi. Un agent qui demande un paiement avant la signature d’un contrat d’édition doit alerter, cette pratique ne correspond pas aux usages du métier.

D’où vient l’agent littéraire : une histoire née hors de France

Si l’agent littéraire fait aujourd’hui de plus en plus partie du paysage éditorial français, ce n’est pas le cas depuis toujours et surtout pas depuis aussi longtemps que dans le monde anglo-saxon où il est incontournable.

Une profession apparue en Angleterre au XIXe siècle

C’est à Londres que naît le métier tel qu’on le connaît. En 1875, A. P. Watt fonde ce qui est considéré comme la première agence littéraire, à une période où le droit d’auteur commence à s’institutionnaliser à l’échelle internationale. Le modèle se diffuse ensuite rapidement aux États-Unis, où il devient un passage quasiment obligé pour publier chez les grandes maisons.

Le modèle est resté longtemps marginal en France. L’édition française s’est structurée d’une manière qui tend à concentrer l’exploitation des droits d’une œuvre du côté de l’éditeur, laissant peu de place à un intermédiaire indépendant représentant directement l’auteur. Pendant longtemps, les rares agents présents sur le territoire ont surtout relayé les intérêts d’agences ou d’éditeurs étrangers plutôt que de représenter les auteurs français. Cette différence de structure explique en grande partie pourquoi la profession y reste, aujourd’hui encore, moins développée que dans les pays anglo-saxons.

Une pratique encore minoritaire, mais en croissance en France

La situation évolue cependant et de manière notable depuis le début des années 2000. Plusieurs agences se sont installées durablement dans le paysage éditorial français, parmi lesquelles Susanna Lea Associates, fondée en 2000, ou Pierre Astier & Associés. Elles représentent un nombre croissant d’auteurs et autrices francophones, avec une expertise construite sur la connaissance des maisons d’édition et sur la négociation des droits, y compris à l’international.

La majorité des maisons françaises, même les plus reconnues, continuent d’accepter les envois directs de manuscrits, contrairement à leurs homologues britanniques ou américaines. La présence d’un agent reste donc moins systématique en France qu’ailleurs. Mais le contexte actuel, marqué par la concentration des groupes d’édition et la complexification croissante des contrats, rend son accompagnement de plus en plus pertinent. Même des auteurs qui n’auraient pas envisagé cette option il y a quelques années s’y mettent.

Faire appel à un agent littéraire pour construire sa carrière d’auteur

Solliciter un agent devient particulièrement utile à certains moments clés du parcours :

  • au moment de chercher un éditeur pour un premier roman ;

  • lors de la négociation d’un contrat jugé complexe ;

  • pour envisager une carrière sur plusieurs livres plutôt qu’un texte isolé ;

  • lorsque l’on souhaite changer d’éditeur, ou se tourner vers un autre genre littéraire

Nathalie Sauvagnac en offre une bonne illustration. Après un premier contrat obtenu grâce à son agente chez Denoël, elle signe quelques années plus tard un deuxième contrat chez J-C Lattès pour un autre roman, toujours accompagnée par le même agent. Une carrière construite livre après livre, avec un même interlocuteur qui connaît son travail et négocie chaque nouveau contrat en tenant compte du précédent.

Dans tous les cas, l’objectif reste le même : permettre à l’auteur ou à l’autrice de se consacrer à l’écriture pendant que l’agent gère la relation avec les éditeurs et l’aspect contractuel.

C’est précisément la mission que porte Asteria, l’agence littéraire indépendante née de l’expérience de Librinova dans l’accompagnement des auteurs et autrices. Premier roman, texte déjà repéré par un éditeur ou œuvre auto-éditée, Asteria défend toutes les voix et toutes les littératures, sans hiérarchie de genre. Vous souhaitez être accompagné dans votre parcours d’auteur ou d’autrice ? Déposez votre manuscrit auprès d’Asteria.